La densité de l’étape menant au Grand
Bornand a permis aux ténors de la course de se mesurer sur la
longueur. C’est principalement dans les deux dernières
ascensions du jour que la bataille au sommet a été déclenchée par
Andy et Frank
Schleck. Les deux frères ont lâché tous leurs rivaux,
excepté Alberto
Contador, qui est parvenu à contrôler la situation dans les
pentes les plus raides où il a été agressé. Sur la ligne,
Frank Schleck est
récompensé de ses efforts par une victoire d’étape et une
place sur le podium provisoire, alors qu’Andy se positionne
en dauphin de la course. La route du Grand-Bornand a également
permis à Thor
Hushovd de consolider son maillot vert.
L’ascension met en difficulté Cadel Evans, mais donne en
revanche des idées à Thor Hushovd, qui se fait violence dans la
montée avec Martinez et
Txurruka (EUS), pour effectuer la jonction dans la
descente.
Sur la grande étape alpestre du Tour, Hushovd cultive le paradoxe
en attaquant seul en tête l’ascension vers le col des
Saisies. Le maillot vert arrive au sommet avec une avance de
45’’ sur ses
poursuivants, et 5’05’’ sur le peloton.
Dans la vallée, Hushovd poursuit sa mission en solitaire : il signe
le premier acte en prenant six points sur la ligne du sprint de
Praz-sur-Arly (km 75), se fait une petite frayeur en glissant dans
un virage humide, avale la côte d’Arâches avec aisance, et
achève sa quête sur le sprint de Cluses. Le coureur norvégien a
maintenant 30 points d’avance sur Mark Cavendish au
classement par points.
Mais dans le groupe Maillot Jaune, qui entre dans l’ascension
avec 1’20’’ de retard, Carlos Sastre lance les
hostilités. Son accélération ne distance pas réellement ses rivaux,
mais réduit l’élite à une dizaine de coureurs. A 5 kilomètres du sommet, c’est
l’offensive à tiroirs d’Andy Schleck qui aboutit
à la création de deux groupes : l’un avec les frères Schleck,
qui ne parviennent pas à lâcher Contador, ni Klöden ; l’autre avec
Armstrong, accompagné de
Wiggins, Vande Velde et Nibali. Van den Broeck, repris à 4
km, est successivement avalé et digéré par les deux groupes. Au col
de Romme, l’écart creusé monte à 1’05’’
entre les deux quatuors.
Le passage au « Reposoir » signifie le coup d’envoi de la bataille finale, avec la montée vers le col de la Colombière. Le groupe Armstrong devient dans un premier temps un trio (avec Wiggins et Nibali), sous l’effet d’une accélération du septuple vainqueur. A l’avant, c’est Contador qui élimine involontairement Klöden en attaquant à 2 km du sommet. Dans le dernier kilomètre d’ascension, Lance Armstrong se lance dans une course poursuite à laquelle Wiggins ne peut participer. Dans la descente, Armstrong fournit l’effort pour distancer son poursuivant au général. Il rejoint par ailleurs Klöden avant d’atteindre l’arrivée, où Frank Schleck a levé les bras dans un climat d’entente, devant Contador et son frère Andy.
Frank Schleck:
« Je
n’ai pas passé une excellente journée hier, mais dans la
soirée j’ai parlé avec Andy et lui ai dit « demain, on va
tout casser ». Nous voulions provoquer une course, et c’est
ce que nous avons fait, c’est plutôt satisfaisant. Quand nous
avons évoqué au briefing la façon d’appréhender
l’étape, nous étions d’accord pour n’envoyer
personne dans l’échappée. Il fallait juste prendre nos
responsabilités, durcir la course et essayer de fatiguer les
autres. C’est ce qui s’est passé. Nous avons montré
notre caractère, et également que nous pouvons respecter un
plan.
Je ne sais pas combien de fois nous avons attaqué, autant de fois
que nous le pouvions. Les attaques dans le final, mais aussi la
préparation du rythme avant de passer à l’action : tout était
dur. Nous aurions pu attendre la dernière ascension, mais nous
n’aurions pas pu gagner assez de temps. Peut-être autour de
30’’. Alors que’Andy et moi avions besoin de plus
pour espérer finir le Tour sur le podium. Il fallait attaquer tôt
»
Le Maillot Jaune a résisté aux
attaques des frères Schleck dans l’étape du Grand-Bornand. Il
a aussi creusé l’écart sur Bradley Wiggins, un rival
potentiel pour le contre-la-montre autour du Lac
d’Annecy.
« Mon plan c’était de faire la
même chose qu’à Verbier et de prendre encore de
l’avance sur mes rivaux. Mais les frères Schleck ont été très
bons, et je me suis retrouvé avec eux à l’avant. Nous avions
ensuite programmé d’attaquer à nouveau avec Klöden dans la
dernière montée, mais quand j’ai accéléré il n’a pas pu
suivre. C’est pour cela que j’ai ralenti, et que
j’ai essayé de l’attendre, mais il n’a pas réussi
à revenir. Ensuite les frères Schleck m’ont demandé de
collaborer avec eux pour essayer de creuser l’écart, mais
j’avais des coéquipiers derrière et je ne voulais pas
qu’ils soient trop distancés. Ensuite, je n’ai pas
voulu disputer le sprint car je tenais à rester bien protégé
derrière eux, et je pensais déjà à me préserver pour le
contre-la-montre de demain.
J’ai creusé un bon écart sur Bradley Wiggins, qui sera mon
principal rival pour le contre-la-montre. Je pense que ce sera
suffisant. Mais je sais que nous avons encore deux journées très
difficiles avant d’être sur de gagner.
Le podium n’est pas encore figé. Nous avons vu que les frères
Schleck sont très forts. Mais sur le contre-la-montre, je sais que
Klöden et Armstrong devraient aussi être à un très haut niveau. Il
est donc possible qu’ils puissent encore s’y faire une
place. »
Maillot jaune:
A.Contador
Maillot vert:
T.Hushovd
Maillot à pois:
F.Pellizotti
Maillot blanc:
A.Schleck
combatif:T.Hushovd


Désolé pour le retard mais avec les vacances ce n'est pas facile de se connecter. J'espère que les tiennes se passent bien.




