14e étape Colmar-Besançon 199km La russie en fete!  (Tour de France) posté le mardi 21 juillet 2009 10:50

Avec un groupe de 12 attaquants dans l’échappée du jour, l’éventualité de voir un sprint massif dans les rues de Besançon s’est amoindrie au fil des kilomètres. Les équipes de sprinteurs s’étant résigné, la parole a été donnée aux échappés, qui se sont livrés une explication dans le final. L’attaque de Serguei Ivanov à 11 km de la ligne a été décisive. Déjà vainqueur sur le même modèle en 2001 à Aix-les-Bains, c’est cette fois vêtu du maillot de champion de Russie qu’il franchit la ligne d’arrivée à Besançon. Son compagnon d’échappée George Hincapie est passé tout près du hold-up pour le Maillot Jaune. Il se positionne finalement au 2ème rang du général, avec 5’’ de retard sur Nocentini.


14 coureurs se détachent du peloton au km 14. Parmi eux, Mark Cavendish comprend qu’il est indésirable, et quitte au km 18 le groupe dans lequel il reste Roulston (CTT), Voigt (SAX), Maaskant (GRM), Hincapie (THR), Roche (ALM), Bennati, Willems (LIQ), LeMevel (FDJ), Minard (COF), Righi (LAM), Ivanov (KAT), Ciolek (MRM) et Timmer (SKS). L’échappée connaît dans un premier temps des difficultés à progresser (25’’ d’avance au km 44) puis persuade le peloton à l’usure. Au moment où la situation se décante, les attaquants perdent sur crevaison un associé précieux en Jens Voigt, contraint à réintégrer le peloton au km 65.
C’est donc à 12 que progresse l’échappée, qui obtient un avantage de 5’25’’ au km 75, soit exactement l’écart qui permettrait à George Hincapie d’endosser le Maillot Jaune. Cette perspective ne semble pas inquiéter les coéquipiers de Nocentini, ni les coureurs d’Astana, qui laissent l’écart s’accroître jusqu’à 8’50’’ au km 120. Toutefois, au km 145, AG2R décide de hausser sensiblement le rythme pour défendre les intérêts du Maillot Jaune italien, mais sans menacer l’échappée. A 25 km de l’arrivée, l’écart est d’ailleurs confortable pour les hommes de tête : 6’30’’.
Malgré une accélération stérile d’Hincapie à distance (35 km), l’explication ne se précipite qu’à 13 kilomètres de la ligne, où Martin Maaskant déclenche une accélération. Parmi les répliques qui suivent, Ivanov se détache réellement à 11 km de l’arrivée. A 5 km du but, le Russe a déjà accompli l’essentiel du travail, avec 25’’ d’avance sur Roulston et Timmer, les deux plus ambitieux dans la poursuite. Solide rouleur, le champion de Russie résiste à la menace de ses poursuivants, et remporte en solitaire une deuxième victoire d’étape sur le Tour de France.
Pendant ce temps, le peloton force l’allure sous l’impulsion d’AG2R pour tenter d’empêcher George Hincapie de s’en emparer. La formation Columbia, tiraillée entre la possibilité de prendre des points pour le maillot vert que vise Cavendish, et l’éventualité d’un Maillot Jaune pour l’Américain, se presse doucement pour emmener le peloton dans le final. Sur la ligne, le verdict est pour le moins serré : le peloton est arrivé avec 5’36’’ de retard sur Ivanov, et 5’20’’ sur Hincapie. Nocentini, qui est parti ce matin avec 5’25’’ d’avance sur l’Américain, garde la tête du classement général. Et Cavendish, certes vainqueur du sprint pour la 13ème place, devra encore attendre. Premièrement parce que Hushovd n’avait pas quitté sa roue, et ne perdait théoriquement qu’un point dans la bataille. Deuxièmement, parce que les commissaires de course ont jugé son sprint irrégulier, et l’ont finalement déclassé, dans le temps du dernier groupe ayant franchi la ligne d’arrivée.

Le champion de Russie a remporté sa deuxième victoire sur le Tour de France, après Aix-les-Bains en 2001.
« Je me suis montré plutôt discret jusqu’à maintenant sur ce Tour, car j’attendais le bon moment. Alors entre temps, je me suis économisé. Aujourd’hui il y avait une bonne opportunité, alors j’ai décidé ce matin que j’allais attaquer. C’était quand même difficile, car après un certain temps à l’avant, nous n’avions toujours que 20’’ d’avance. Je n’avais plus grand chose dans les jambes, mais au bout d’un moment l’écart a commencé à augmenter.
Tout le monde a pu voir que nous attendions tous le final pour attaquer, parce qu’il y avait un fort vent de face qui était gênant pour une attaque plus lointaine. A 15 km de la ligne, le groupe a vraimen t accéléré, et j’ai attendu patiemment mon heure.
C’est la première victoire d’étape de Katusha sur le Tour de France, et c’est un plaisir pour moi. Ce n’est pas le même sentiment qu’en 2001. A l’époque j’étais jeune, et je ne réalisais pas ce que c’était. Aujourd’hui, je peux l’apprécier. C’est incroyable. »

L’Italien conserve le Maillot Jaune avec maintenant 5’’ d’avance sur George Hincapie
« C’était vraiment difficile aujourd’hui, parce que nous étions épuisés par tous les efforts fournis dans la semaine. Nous avions un coureur à l’avant, donc nous n’avions pas à rouler, mais George Hincapie nous faisait prendre le risque de perdre le Maillot Jaune. Alors à 50 km de l’arrivée, Vincent Lavenu nous a dit : « allez-y, reprenez les garçons à l’avant ». Ce n’était pas possible de revenir, mais nous pouvions limiter les pertes et essayer de garder le Maillot Jaune. Je leur ai dit que s’ils n’étaient pas prêts à y aller, ce n’était pas grave. Ils ont déjà tellement travaillé pendant les derniers jours. Et en fait, je garde la tête du classement général pour 5’’, alors je suis vraiment ravi de la façon dont se passe ce Tour. Je suis touché par l’engagement de mon équipe. »

Maillot jaune: r.Nocentini
Maillot vert: T.Hushovd
Maillot à pois: F.ellizotti
Mailot blanc: t.Martin
Comabatif: M.Maaskant

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