Avec un groupe de 12 attaquants dans l’échappée du jour, l’éventualité de voir un sprint massif dans les rues de Besançon s’est amoindrie au fil des kilomètres. Les équipes de sprinteurs s’étant résigné, la parole a été donnée aux échappés, qui se sont livrés une explication dans le final. L’attaque de Serguei Ivanov à 11 km de la ligne a été décisive. Déjà vainqueur sur le même modèle en 2001 à Aix-les-Bains, c’est cette fois vêtu du maillot de champion de Russie qu’il franchit la ligne d’arrivée à Besançon. Son compagnon d’échappée George Hincapie est passé tout près du hold-up pour le Maillot Jaune. Il se positionne finalement au 2ème rang du général, avec 5’’ de retard sur Nocentini.
14 coureurs
se détachent du peloton au km 14. Parmi eux, Mark Cavendish
comprend qu’il est indésirable, et quitte au km 18 le groupe
dans lequel il reste Roulston (CTT), Voigt (SAX), Maaskant
(GRM), Hincapie (THR), Roche (ALM), Bennati, Willems (LIQ), LeMevel
(FDJ), Minard (COF), Righi (LAM), Ivanov (KAT), Ciolek (MRM) et
Timmer (SKS). L’échappée connaît dans un premier temps
des difficultés à progresser (25’’ d’avance au km
44) puis persuade le peloton à l’usure. Au moment où la
situation se décante, les attaquants perdent sur crevaison un
associé précieux en Jens Voigt, contraint à réintégrer le peloton
au km 65.
C’est donc à 12 que progresse l’échappée, qui obtient
un avantage de 5’25’’ au km
75, soit exactement l’écart qui permettrait à George
Hincapie d’endosser le Maillot Jaune. Cette perspective ne
semble pas inquiéter les coéquipiers de Nocentini, ni les coureurs
d’Astana, qui laissent l’écart s’accroître
jusqu’à 8’50’’ au km
120. Toutefois, au km 145, AG2R décide de hausser
sensiblement le rythme pour défendre les intérêts du Maillot Jaune
italien, mais sans menacer l’échappée. A 25 km de
l’arrivée, l’écart est d’ailleurs confortable
pour les hommes de tête : 6’30’’.
Malgré une accélération stérile d’Hincapie à distance (35
km), l’explication ne se précipite qu’à 13 kilomètres
de la ligne, où Martin
Maaskant déclenche une accélération. Parmi les répliques qui
suivent, Ivanov se détache
réellement à 11 km de l’arrivée. A 5 km du but, le
Russe a déjà accompli l’essentiel du travail, avec
25’’ d’avance sur Roulston et Timmer, les deux
plus ambitieux dans la poursuite. Solide rouleur, le champion de Russie résiste à la
menace de ses poursuivants, et remporte en solitaire une deuxième
victoire d’étape sur le Tour de France.
Pendant ce temps, le peloton force l’allure sous
l’impulsion d’AG2R pour tenter d’empêcher George
Hincapie de s’en emparer. La formation Columbia, tiraillée
entre la possibilité de prendre des points pour le maillot vert que
vise Cavendish, et l’éventualité d’un Maillot Jaune
pour l’Américain, se presse doucement pour emmener le peloton
dans le final. Sur la ligne, le verdict est pour le moins serré :
le peloton est arrivé avec
5’36’’ de retard sur Ivanov, et
5’20’’ sur Hincapie. Nocentini, qui est
parti ce matin avec 5’25’’ d’avance sur
l’Américain, garde la tête du classement général. Et
Cavendish, certes vainqueur du sprint pour la 13ème place, devra
encore attendre. Premièrement parce que Hushovd n’avait pas
quitté sa roue, et ne perdait théoriquement qu’un point dans
la bataille. Deuxièmement, parce que les commissaires de course ont
jugé son sprint irrégulier, et l’ont finalement déclassé,
dans le temps du dernier groupe ayant franchi la ligne
d’arrivée.
Le champion de Russie a
remporté sa deuxième victoire sur le Tour de France, après
Aix-les-Bains en 2001.
« Je me suis montré plutôt discret jusqu’à maintenant sur ce
Tour, car j’attendais le bon moment. Alors entre temps, je me
suis économisé. Aujourd’hui il y avait une bonne opportunité,
alors j’ai décidé ce matin que j’allais attaquer.
C’était quand même difficile, car après un certain temps à
l’avant, nous n’avions toujours que 20’’
d’avance. Je n’avais plus grand chose dans les jambes,
mais au bout d’un moment l’écart a commencé à
augmenter.
Tout le monde a pu voir que nous attendions tous le final pour
attaquer, parce qu’il y avait un fort vent de face qui était
gênant pour une attaque plus lointaine. A 15 km de la ligne, le
groupe a vraimen t accéléré, et j’ai attendu patiemment mon
heure.
C’est la première victoire d’étape de Katusha sur le
Tour de France, et c’est un plaisir pour moi. Ce n’est
pas le même sentiment qu’en 2001. A l’époque
j’étais jeune, et je ne réalisais pas ce que c’était.
Aujourd’hui, je peux l’apprécier. C’est
incroyable. »
L’Italien conserve le
Maillot Jaune avec maintenant 5’’ d’avance sur
George Hincapie
« C’était vraiment
difficile aujourd’hui, parce que nous étions épuisés par tous
les efforts fournis dans la semaine. Nous avions un coureur à
l’avant, donc nous n’avions pas à rouler, mais George
Hincapie nous faisait prendre le risque de perdre le Maillot Jaune.
Alors à 50 km de l’arrivée, Vincent Lavenu nous a dit : «
allez-y, reprenez les garçons à l’avant ». Ce n’était
pas possible de revenir, mais nous pouvions limiter les pertes et
essayer de garder le Maillot Jaune. Je leur ai dit que s’ils
n’étaient pas prêts à y aller, ce n’était pas grave.
Ils ont déjà tellement travaillé pendant les derniers jours. Et en
fait, je garde la tête du classement général pour 5’’,
alors je suis vraiment ravi de la façon dont se passe ce Tour. Je
suis touché par l’engagement de mon équipe.
»
Maillot jaune:
r.Nocentini
Maillot vert:
T.Hushovd
Maillot à pois:
F.ellizotti
Mailot blanc:
t.Martin
Comabatif: M.Maaskant







